L’écrivain Sebastià Juan Arbó
Sebastià Juan Arbó
(Sant Carles de la Ràpita, 1902 – Barcelone, 1984)
Sebastià Juan Arbó est le plus prestigieux des écrivains catalans originaires du canton du Montsià. Né le 28 octobre 1902 à Sant Carles de la Ràpita dans une famille de paysans, il part s’installer dès l’âge de huit ans avec ses parents à Amposta.
En 1921, il part habiter à Barcelone, emportant avec lui les manuscrits de ses premiers ouvrages. En 1931, il publie L’inútil combat [Le Combat inutile], puis, un an plus tard, Terres de l’Ebre, qui lui vaut le prix Fastenrath en 1935.
En 1948, il remporte le prix Nadal pour Sobre las piedras grises [Sur les pierres grises]. Un an auparavant était paru son livre le plus important, Tino Costa, qui fit plus tard l’objet d’une série télévisée.
Sebastià Juan Arbó est mort à Barcelone en 1984, nous laissant une œuvre considérable, principalement rédigée en catalan. Outre de romans et de nouvelles, il est l’auteur de pièces de théâtre et d’articles de journaux, ainsi que de biographies, dont l’une, sur Cervantès, a été traduite en plusieurs langues.
L’Obra Catalana Completa[Œuvre catalane complète] de Sebastià Juan Arbó comporte trois volumes. Le premier comprend les trois romans du « premier cycle de l’Èbre » : Terres de l’Ebre (1932), Camins de nit ([Chemins de nuit], 1935) et Tino Costa (1947). Le deuxième est composé de deux romans remarquables – L’inútil combat ([Le Combat inutile], 1931) et Hores en blanc ([Les Heures blanches], 1933) –, des nouvelles Febre ([Fièvre], 1932), L’estel ([Le Cerf-volant], 1959), La nit de Sant Joan ([La Nuit de la Saint-Jean], 1961) et Narracions del Delta ([Histoires du delta], 1965), des pièces de théâtre La ciutat maleïda ([La Ville maudite], 1935), Despertar ([Réveil], 1936) et Nausica (1937), et de plusieurs poèmes. Enfin, le troisième volume comprend les romans du « deuxième cycle de l’Èbre », c’est-à-dire, d’une part, L’espera ([L’Attente], 1967) et, d’autre part, Entre la terra i el mar([Entre la terre et la mer], 1966) et La masia ([La Ferme], 1975).
Terres de l’Ebre(1932)
Amposta reposait, invisible, sur les bords de l’Èbre, cachée à moitié par les rizières, à moitié par les oliveraies, les hautes cheminées de sesfabriques de riz se dressant contre l’horizon.
Les canards sauvagesvolaient au ras deslagunes,calmes comme des miroirs.
Là-bas, près deL’Encanyissada, il possédait des terres arides.
Un rouge-gorgeinvisible commençait à chanter au-dessus deslagunes.
Au même moment, sur la rive opposée, on halait une felouque.



















